Faut-il encore adhérer à un CGA ou un OGA en LMNP en 2026 ?
Non, pas pour un motif fiscal. La loi de finances pour 2025 a supprimé le dernier avantage attaché à l’adhésion, la réduction d’impôt pour frais de comptabilité, et l’agrément même des organismes. La majoration du bénéfice des non-adhérents avait déjà disparu pour les revenus 2023. Depuis les revenus 2025, déclarés au printemps 2026, un loueur en meublé non professionnel qui adhère à un centre de gestion agréé paie une cotisation sans aucune contrepartie sur son impôt.
Points clés
- La majoration de 25 % du bénéfice des non-adhérents a été réduite chaque année puis supprimée pour les revenus 2023.
- La réduction d’impôt pour frais de comptabilité (deux tiers des frais, plafond 915 €) s’est appliquée pour la dernière fois aux revenus 2024.
- L’agrément des OGA est abrogé : leurs missions légales (examen de cohérence, dossier de gestion) n’ont plus d’effet fiscal.
- Les frais de comptabilité, logiciel compris, restent déductibles à 100 % du résultat au régime réel, sans condition d’adhésion.
Qu’est-ce qu’un OGA, un CGA, une AGA ?
Un organisme de gestion agréé est une association loi 1901 qui, jusqu’en 2025, tenait son agrément de l’administration fiscale. Les centres de gestion agréés (CGA) s’adressaient aux commerçants, artisans et loueurs en meublé (bénéfices industriels et commerciaux) ; les associations de gestion agréées (AGA) aux professions libérales (bénéfices non commerciaux). Pour un LMNP, l’organisme compétent était donc un CGA.
Leur mission légale consistait à vérifier chaque année la cohérence et la vraisemblance des déclarations de leurs adhérents, à leur remettre un dossier de gestion et à leur proposer des formations. En échange, l’État accordait aux adhérents deux avantages fiscaux, tous deux disparus aujourd’hui.
Quels avantages fiscaux ont disparu, et quand ?
La majoration de 25 % du bénéfice des non-adhérents
Jusqu’aux revenus 2019, le résultat fiscal d’un loueur non adhérent était majoré de 25 % avant application du barème : c’était la raison d’être de l’adhésion. La loi de finances pour 2021 a organisé sa disparition progressive.
| Revenus de l’année | Majoration du bénéfice des non-adhérents |
|---|---|
| 2019 | 25 % |
| 2020 | 20 % |
| 2021 | 15 % |
| 2022 | 10 % |
| 2023 et suivantes | 0 % — supprimée |
La réduction d’impôt pour frais de comptabilité (article 199 quater B)
Les adhérents dont les recettes restaient sous le seuil du micro-BIC mais qui avaient opté pour le réel bénéficiaient d’une réduction d’impôt égale aux deux tiers de leurs frais de comptabilité et d’adhésion, dans la limite de 915 € par an. L’article 11 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025 l’a supprimée : elle s’est appliquée pour la dernière fois à l’impôt sur les revenus 2024, payé en 2025. La déclaration des revenus 2025, en 2026, ne la comporte plus.
L’agrément lui-même
Le même article abroge le dispositif d’agrément des organismes de gestion et leurs missions légales. Les CGA peuvent continuer d’exister comme associations privées et vendre des formations ou un examen de vos comptes, mais rien de ce qu’ils délivrent n’a plus d’effet sur votre impôt, votre délai de reprise ou votre exposition au contrôle. La foire aux questions de l’administration sur cette abrogation confirme qu’aucune démarche n’est attendue des anciens adhérents.
Que deviennent les frais de comptabilité et la cotisation ?
Ils restent des charges déductibles du résultat au régime réel, en totalité et sans condition d’adhésion : honoraires d’expert-comptable, abonnement à un logiciel de comptabilité, et, si vous la maintenez, la cotisation à un ancien CGA. Ce qui a changé, c’est le rendement de cette dépense.
| Pour 1 000 € de frais de comptabilité et d’adhésion | Revenus 2024 (déclarés en 2025) | Revenus 2025 et suivants |
|---|---|---|
| Réduction d’impôt | 667 € (deux tiers, plafond 915 €) | 0 € |
| Charge déductible du résultat BIC | 333 € (le tiers restant) | 1 000 € |
| Économie d’impôt à 30 % de TMI + 18,6 % de prélèvements sociaux | 667 € + 162 € = 829 € | 486 € |
| Coût net des 1 000 € | 171 € | 514 € |
Lecture du tableau
Que reste-t-il de l’intérêt d’un CGA ?
Un service, au prix du marché. Les anciens CGA proposent encore des formations, un dossier d’analyse de gestion et une relecture de la liasse avant dépôt. Pour un loueur qui tient sa comptabilité avec un logiciel produisant la liasse fiscale et la télétransmettant, cette relecture fait double emploi ; pour celui qui passe par un expert-comptable, elle est déjà incluse dans la mission.
Points clés
- Vous tenez vos comptes avec un logiciel : la cotisation (150 à 300 €) n’achète plus rien que le logiciel ne fasse.
- Vous avez un expert-comptable : demandez-lui un examen de conformité fiscale (ECF) si vous voulez une garantie, c’est le dispositif qui subsiste.
- Vous démarrez : aucun délai d’adhésion à respecter, contrairement à ce que répètent encore beaucoup de guides écrits avant 2025.
Déjà adhérent : que faire ?
Rien vis-à-vis de l’administration : il n’y a ni radiation à demander ni case à décocher. La résiliation se fait auprès de l’organisme, selon ses statuts, en général avant la fin de l’année civile pour ne pas être appelé l’année suivante. Vérifiez simplement que votre prochaine déclaration ne reporte plus de réduction d’impôt : la 2042 C PRO des revenus 2025 n’en prévoit plus, et un montant saisi par habitude serait rejeté ou redressé.
Les guides antérieurs à 2025
Comment Loqa tient compte de ce changement
Loqa produit la comptabilité au réel, la liasse 2031/2033 et sa télétransmission sans organisme intermédiaire, et n’a jamais eu besoin d’un CGA pour cela. L’abonnement est une charge déductible comme les autres, et la liasse ne comporte plus de mention d’adhésion.
Ce que Loqa fait à votre place